"On disait jadis de l’Arlequin de mes rêves, bienheureux comédien de l’art, qu’il corrigeait les mœurs en riant. Devenu arrière-grand-père, son disciple a, de même, le devoir sacré de raconter des histoires à ses petits descendants en leur enseignant à faire des grimaces narquoises. Parvenus ensemble à l’âge espiègle, j’en profite pour leur dire de l’humain en pouffant de rire".
L'arrière-grand-père est passé ailleurs.

Erri de Luca, Francesca Melandri, Roberto Saviano... quelques auteurs que nous apprécions particulièrement et qui nous rappellent en ce début d'année, la richesse de la littérature italienne. L'occasion de présenter, en huit titres, nos choix pour témoigner de cette vitalité et d'une sensibilité qui contrastent avec l'image actuelle d'une certaine Italie.

Le genre de la nouvelle n'est en général pas très populaire. On a tort, car pour ceux qui n'ont pas trop de temps, la lecture de textes courts, dans le train, dans une salle d'attente, ou avant le sommeil suffit à nourrir les imaginaires des jours et des nuits. Nous avons emprunté deux recensions aux chroniqueurs du "Carnet et les Instants" , dont celui consacré au recueil de Caroline lamarche, dont l'écriture reste comme toujours magnifique.

Les écrivains sont souvent des sentinelles. Et à ce titre, les cibles des pouvoirs autoritaires. C'est dire la force de la littérature et la crainte qu'elle inspire aux régimes forts lorsqu'on veut la museler, comme c'est le cas pour Alaa El Aswany, actuellement poursuivi par la justice de son pays pour les propos qu'il a tenus dans son dernier ouvrage "J'ai couru vers le Nil". Tous ses livres sont publiés par Actes Sud.
Pour en savoir plus : un article de la revue ActuaLitté.

Il y a, et il y aura sous peu de nombreux ouvrages d'analyse du mouvement des gilets jaunes. Pourtant, les lecteurs de fiction contemporaine en savaient déjà beaucoup.
Ou le roman par anticipation...

Sélection de libraires LIBREL, Point Virgule (Namur), A Livreouvert (Woluwé), Papyrs (Namur), Oxygène (Neufchateau)...

Dans le vaste continent des livres, rarissimes sont ceux qui créent un univers-langage aux pouvoirs de déracinement.
Ainsi parle Véronique Bergen lorsque, dans Le carnet et les instants, elle évoque ce livre qui ne ressemble à aucun autre, Poney flottant d'Isabelle Wéry, long monologue d'une romancière à succès qui se réveille d'un coma et entreprend d'écrire mentalement ses jeunes années. Enfant en peine de croissance dans une Angleterre fantasmée, elle dit un texte ébouriffant, déjanté, audacieux, qui explose d'inventivité narrative.
On peut en dire autant du propre livre de Véronique Bergen, Tous doivent être sauvés ou aucun, roman polymorphe, roman charnière sûrement, ouverture sur un nouveau monde où le centre n'est plus l'humain, mais celui qui jusqu'à présent n'a pas eu la parole. Ici c'est le chien, quelques chiens qui ont traversé l'histoire et qui, témoins d'un monde qui demain ne sera peut-être plus, la racontent dans une écriture messagère d'un possible effondrement. C'est étonnant, c'est détonant.
Et puis, il y a toujours la poésie de la langue. C'est le ton adopté par Véronique Janzyk dans La robe de nuit, celle que porte sa mère sur son lit d'hôpital, façon de raconter les liens fragiles qui les unissent, dans une scansion qui prête à une lecture à voix haute.
Ce n'est pas rien d'être éditeur aujourd'hui, lorsqu'on porte des voix nouvelles.

 

Fallait-il célébrer Mai 68 ?
Les opinions sont tranchées, et reflètent sans doute ce que notre temps est devenu, à la fois héritier de ce grand appel d'air qui a changé les moeurs et les esprits, mais aussi sa dilution dans une réaction critique et conservatrice. Nous ne voulons pas croire que son histoire est dite, et peut-être a-t-elle un avenir. Au milieu du gué, avec un peu de recul et face au futur, voici quelques ouvrages qui permettent de se (re)faire une opinion.

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